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(EU VUES DE HENRI HEINE.
lui causait une impression désagréable ; et si elle entouchait un par méprise, elle se retirait en elle-mêmeinvolontairement. Elle était délicate comme une sensi-tive, et ses paroles étaient si parfumées, si harmo-nieuses! Quand on les mettait ensemble, elles deve-naient tout naturellement des vers. J’ai noté plusieurschoses qu’elle m’a dites : ce sont de singulières poésiestout à fait à la manière de Novalis, mais encore plusspiritualisées et plus éclatantes. Une de ces poésies,qu’elle me disait lorsque je lui fis mes adieux en partantpour l'Italie, m’est particulièrement chère. Une nuitd’automne, dans un jardin où une fête s’était terminéepar une illumination, on entend un colloque entre ledernier lampion, la dernière rose et un cygne sauvage.Les brouillards du matin s’élèvent, la dernière lampes’éteint, la rose s’effeuille, et le cygne, ouvrant ses ailesblanches, s’envole vers le sud.
Dans le pays d’Hanovre, il se trouve en effet beau-coup de cygnes sauvages qui partent dans l’automnepour les contrées méridionales, et qui nous reviennentdans la saison chaude. Ils passent sans doute l’hiverdans le pays d’Afrique; car nous trouvâmes une fois,dans le sein d’un cygne mort, une flèche que le profes-seur Blumenbach reconnut pour une arme africaine.Le pauvre oiseau était revenu, la flèche dans sa poitrine,à son nid du Nord pour y mourir. Maint autre cygnen’a peut-être pas eu la force d’accomplir son voyage;