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1 (1863)
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(EU VUES DE HENRI HEINE.

lui causait une impression désagréable ; et si elle entouchait un par méprise, elle se retirait en elle-mêmeinvolontairement. Elle était délicate comme une sensi-tive, et ses paroles étaient si parfumées, si harmo-nieuses! Quand on les mettait ensemble, elles deve-naient tout naturellement des vers. Jai noté plusieurschoses quelle ma dites : ce sont de singulières poésiestout à fait à la manière de Novalis, mais encore plusspiritualisées et plus éclatantes. Une de ces poésies,quelle me disait lorsque je lui fis mes adieux en partantpour l'Italie, mest particulièrement chère. Une nuitdautomne, dans un jardin une fête sétait terminéepar une illumination, on entend un colloque entre ledernier lampion, la dernière rose et un cygne sauvage.Les brouillards du matin sélèvent, la dernière lampeséteint, la rose seffeuille, et le cygne, ouvrant ses ailesblanches, senvole vers le sud.

Dans le pays dHanovre, il se trouve en effet beau-coup de cygnes sauvages qui partent dans lautomnepour les contrées méridionales, et qui nous reviennentdans la saison chaude. Ils passent sans doute lhiverdans le pays dAfrique; car nous trouvâmes une fois,dans le sein dun cygne mort, une flèche que le profes-seur Blumenbach reconnut pour une arme africaine.Le pauvre oiseau était revenu, la flèche dans sa poitrine,à son nid du Nord pour y mourir. Maint autre cygnena peut-être pas eu la force daccomplir son voyage;