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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

vérité ne peut naître du mensonge, et Dieu ne sauraitêtre sauvé par le démon.

Laissons les jésuites reposer dans leurs tombes, ethaussons les épaules avec pitié à la vue des jésuites nou-veaux. Ceux- sont morts, et ceux-ci ne sont que lesvers qui séchappent en rampant de leurs cadavres. Ilsressemblent aussi peu aux anciens jésuites, que M. Schel-ling daujourdhui ressemble au Schelling dautrefois.

Jai eu peu dindications à donner sur les rapports deM. Schelling avec lécole romantique. Son influence aété presque entièrement personnelle; mais il faut direaussi que lélan imprimé par sa philosophie donna deplus vives idées aux poètes, et les porta à jeter un coupdœil plus profond sur la nature. Quelques-uns se plon-gèrent dans cette contemplation avec toutes les forces deleur âme; dautres retinrent quelques formules den-chantement, à laide desquelles on pouvait faire sortir dela nature des sentiments et un langage plus humainsquon ne lavait fait jusqualors. Les premiers de cespoètes furent les mystiques proprement dits, assez sem-blables, sous beaucoup de rapports, aux religionnairesde lInde, qui sinspirent de la nature et sidentifient avecelle. Les autres étaient plutôt des conjureurs qui appel-lent à volonté les malins esprits; ils ressemblaient auxsorciers arabes qui donnent la vie aux pierres et pétri-fient les êtres animés.

Novalis appartenait tout particulièrement à la pre-mière de ces deux classes, et Hoffmann tenait essentiel-