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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
vérité ne peut naître du mensonge, et Dieu ne sauraitêtre sauvé par le démon.
Laissons les jésuites reposer dans leurs tombes, ethaussons les épaules avec pitié à la vue des jésuites nou-veaux. Ceux-là sont morts, et ceux-ci ne sont que lesvers qui s’échappent en rampant de leurs cadavres. Ilsressemblent aussi peu aux anciens jésuites, que M. Schel-ling d’aujourd’hui ressemble au Schelling d’autrefois.
J’ai eu peu d’indications à donner sur les rapports deM. Schelling avec l’école romantique. Son influence aété presque entièrement personnelle; mais il faut direaussi que l’élan imprimé par sa philosophie donna deplus vives idées aux poètes, et les porta à jeter un coupd’œil plus profond sur la nature. Quelques-uns se plon-gèrent dans cette contemplation avec toutes les forces deleur âme; d’autres retinrent quelques formules d’en-chantement, à l’aide desquelles on pouvait faire sortir dela nature des sentiments et un langage plus humainsqu’on ne l’avait fait jusqu’alors. Les premiers de cespoètes furent les mystiques proprement dits, assez sem-blables, sous beaucoup de rapports, aux religionnairesde l’Inde, qui s’inspirent de la nature et s’identifient avecelle. Les autres étaient plutôt des conjureurs qui appel-lent à volonté les malins esprits; ils ressemblaient auxsorciers arabes qui donnent la vie aux pierres et pétri-fient les êtres animés.
Novalis appartenait tout particulièrement à la pre-mière de ces deux classes, et Hoffmann tenait essentiel-