de l’allemagne. 277
phane. Ses vues sont immenses; elles sont plus grandes,plus tragiques même que celles des tragiques; sescomédies sont réellement des tragédies rieuses. Voyezson Païsteteros. Un poëte moderne l’eût montré, àla fin de la pièce, dans sa nullité ridicule. Là, au con-traire, il gagne Basilea, la belle, la puissante Basilea; ils’élève dans sa ville de nuées avec sa divine épouse, lesdieux sont forcés de se conformer à sa volonté, la foliecélèbre son union avec la puissance, et la pièce se ter-mine par de joyeux chants d’hyménée. Est-il, pour unhomme raisonnable, quelque chose de plus terriblementtragique que cette victoire et que ce triomphe des fous?Nos Aristophanes allemands ne s’élèvent pas si haut :ils se sont interdit toute haute pensée , toute vaste con-templation du monde ; sur les deux plus importanteschoses humaines, la politique et lareligion, ils ont gardéun très-modeste silence, et ils ne se sont hasardés àtraiter que le thème choisi par Aristophane, dans lesGrenouilles. Pour objet principal de leurs satires, ilsont choisi le théâtre lui-même, et ils se sont moqués,avec plus ou moins de verve, des défauts de notre scène.
Mais il faut avoir égard à l’état politique de l’Alle-magne. Nos satiriques, forcés de détourner leurs traitsloin de tous les princes véritables, voulurent se dédom-mager de cette contrainte sur les rois de théâtre et lesprinces de coulisses. Nous qui ne possédions presquepas de journaux politiques discutants, nous avons tou-jours été comblés d’une foule de feuilles esthétiques,
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