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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
métrique de la tragédie antique dont elles étaient laparodie. Les satires dramatiques de M. Tieck sont cou-pées d’une façon aussi aventureuse , et elles sont aussiirrégulières, conçues dans un langage aussi capricieuxque les tragédies de Shakspeare. Cette forme était-elleune nouvelle invention de M. Tieck? Non; elle existaitdéjà parmi le peuple, et particulièrement en Italie. Ceuxqui comprennent l’italien peuvent se faire une justeidée des drames de M. Tieck, en ajoutant quelques rê-veries de clair de lune allemandes aux comédies fantas-tiques, merveilleuses et bariolées du vénitien Gozzi.M. Tieck a même emprunté aux joyeux enfants des La-gunes la plupart de ses masques. A son exemple, beau-coup de poètes allemands s’emparèrent de cette forme,et nous eûmes des comédies dont l’effet n’était pas pro-duit par un caractère plaisant ou par une bouffonne in-trigue, mais où l’on nous introduisait immédiatementdans un monde fabuleux où les animaux parlent etagissent comme des hommes, et où le hasard et lecaprice prennent la place de l’ordre naturel deschoses. C’est ce que nous voyons aussi dans Aristo-phane. Seulement le dernier a pris cette forme pourdramatiser toute la profondeur de ses vues sur la société,comme dans les Oiseaux , où les manies insensées deshommes, leur goût de bâtir des chimères dans l’espace,leur audace à braver les dieux éternels, et la vanité deleurs triomphes, sont représentés sous les masques lesplus burlesques. C’est ce qui fait la grandeur d’Âristo-