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1 (1863)
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269
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DE LALLEMAGNE.

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glissa un peu de civilisation dans la vie des poëtes delAllemagne. Goethe avait déjà donné un exemple pleindiniluence ; il avait montré quon peut être poëte alle-mand, et cependant être un homme de bonne compagnie.Autrefois, nos poëtes allemands méprisaient toutes lesformes conventionnelles; et le nom de poëte allemand,ou le mot de génie poétique, avait la plus ignoble signi-fication. Un poëte allemand était alors un homme quiportait un habit râpé et en lambeaux ; qui confectionnaitpour un écu des pièces de vers à loccasion des mariageset des baptêmes ; qui senivrait loin de la bonne com-pagnie il nétait pas admis, et quon trouvait quel-quefois, le soir, étendu sur les dalles de la rue, senti-mentalement caressé par les rayons amoureux de Phébé.Quand ces gens- devenaient vieux, ils avaient coutumede se plonger encore plus profondément dans leur mi-sère. Il est vrai que cétait une misère sans souci, ouaccompagnée dun seul souci, à savoir lon buvait leplus de schnaps pour le moins dargent.

Cest ainsi que je métais toujours représenté un poëteallemand. Que je fus donc agréablement surpris, lors-quen lannée 1819, tout jeune encore et visitant luni-versité de Bonn, jeus lhonneur de voir face à face legénie poétique dans la personne de M. Auguste-Guil-laume Schlegel ! Après Napoléon, cétait le premiergrand homme que je voyais, et je noublierai jamaiscette vue ineffable. Jéprouve encore aujourdhui lasainte terreur qui pénétra mon âme quand je me trouvai