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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

elle-même. Wolfgang Goethe, du haut de son piédestal,prononça une sentence de condamnation sur MM. Schle-gel, sur ces mêmes pontifes qui l’avaient environné deleur encens. Cette voix anéantit l’apparition tout en-tière. Les fantômes du moyen âge s’enfuirent; leshiboux se cachèrent de nouveau dans les ruines desvieux châteaux; les corbeaux s’envolèrent à tire-d’ailesdans les tours des églises gothiques; Frédéric Schlegels’en alla à Vienne, où il entendit la messe tous les jours,et mangea de ces bonnes poulardes rôties qu’on y faitsi bien; etM. Auguste-Guillaume Schlegel se retira dansla pagode de Brahma.

A parler franchement, Goethe joua dans ce temps-làun rôle fort équivoque, et on ne peut le louer sans con-ditions. Il est vrai que les Schlegel n’ont jamais agi bienloyalement avec lui. Comme dans leur polémiquecontre la vieille école il leur fallait un poëte vivant pourtype, et qu’ils n’en trouvaient pas de plus propre à leurbut que Goethe; que d’ailleurs ils attendaient de luiquelque appui littéraire, ils lui élevèrent un autel, ybrûlèrent de l’encens, et firent agenouiller le peupledevant lui. Ils avaient aussi l’avantage d’avoir leur dieutout proche. Une allée de beaux arbres sur lesquelspoussent des prunes qu’on trouve fort bonnes quand lachaleur du soleil a excité la soif, conduit de Iéna àWeimar. Les Schlegel suivaient souvent ce chemin, età Weimar ils avaient maint entretien avec M. le con-seiller intime de Goethe, qui fut toujours un très-grand