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1 (1863)
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DE J,’aLLE MAGNE.

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il fallait bien lever les yeux avec confiance vers le ciel.

Nous eussions aussi supporté tranquillement Napo-léon ; mais nos princes, tout en espérant que Dieu lesdélivrerait, se livrèrent en même temps à la pensée queles forces réunies de leurs peuples pourraient bien yfaire quelque chose : on chercha dans ce dessein à ré-veiller un sentiment commun à tous les Allemands; etalors les personnages les plus éminents parlèrent de lanationalité allemande, d’une patrie commune à tous, dela réunion des races chrétiennes de la Germanie, de l’u-nité de l’Allemagne. On nous commanda le patriotisme,et nous devînmes patriotes; car nous faisons tout ceque nos princes nous commandent. Il ne faut pascependant se représenter sous ce nom de patriotisme lesentiment qui porte ce nom ici en France. Le patriotismedu Français consiste en ce que son cœur s’échauffe,qu’il s’étend, qu’il s’élargit, qu’il enferme dans sonamour, non pas seulement ses plus proches, mais toutela France, tout le pays de la civilisation; le patriotismede l’Allemand, au contraire, consiste en ce que soncœur se rétrécit, comme le cuir par la gelée, qu’il cessed’être un citoyen du monde, un Européen, pour n’êtreplus qu’un étroit Allemand. Nous vîmes alors la balour-dise idéale mise en pratique par le sieur Jahn, et ce futl’aurore de la teigneuse et rustique opposition contre lesentiment le plus noble et le plus saint de tous ceuxqu’a produits l’Allemagne, contre cet amour de l’huma-nité, contre cette fraternité universelle , ce cosmopoli-