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1 (1863)
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DE l’allemagne.

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dont le style fleuri semble arrosé d’eau bénite et par-fumé d’un encens d’église , furent alors imitées avectoute leur sainte grandezza, avec tout leur luxe sacer-dotal , leurs folies sacrées; et on vit germer en Alle-magne ces compositions folles et profondes , qui repré-sentent l’amour mystique comme dans Y Adoration dela croix , ou le martyre chevaleresque comme dans lePrince Constant, et Zacharias Werner poussa les cho-ses aussi loin qu’on peut aller sans s’exposer à être en-fermé dans une maison de fous.

Notre poésie, disaient les frères Schlegel, est vieille ;notre muse est une femme décrépite avec une que-nouille; notre Cupidon n’est pas un enfant blond, maisun nain ridé avec une chevelure grise ; nos sentimentssont effeuillés ; notre imagination desséchée, morte : ilfaut rafraîchir cette terre aride, il faut y chercher avecpatience les sources ombragées de la naïve et simplepoésie du moyen âge; là ruissellera pour nous l’eau deJouvence. Ce triste peuple, sec et décharné, ne se lefit pas dire deux fois, et les pauvres gosiers desséchésqui végétaient dans les sables de la Prusse voulurenttous refleurir et reprendre de la jeunesse ; ils se précipi-tèrent vers ses sources merveilleuses, et tout cela but,avala et lampa avec une soif immodérée. Mais il leurarriva la même aventure qu’à une vieille chambrière dontvoici l’histoire. Elle avait remarqué que sa maîtressepossédait un élixir merveilleux qui rendait la jeunesse;en l’absence de sa maîtresse, elle prit la fiole; mais, au

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