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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

entière, et nos arrière-neveux seront seuls en état dedécider si nous méritons le blâme ou léloge pour avoirtravaillé notre philosophie en premier, et notre révolu-tion ensuite. Il me semble quun peuple méthodique,comme nous le sommes, devait commencer par la ré-forme pour soccuper ensuite de la philosophie, et nar-river à la révolution politique quaprès avoir passé parces phases. Je trouve cet ordre tout à fait raisonnable.Les têtes que la philosophie a employées à la méditation,peuvent être fauchées à plaisir par la révolution; maisla philosophie naurait jamais pu employer les têtes quela révolution aurait tranchées auparavant. Pourtantnayez, mes chers compatriotes, aucune inquiétude, larévolution allemande ne sera ni plus débonnaire ni plusdouce parce que la critique de Kant, lidéalisme trans-cendantal de Fichte et la philosophie de la nature lau-ront précédée. Ces doctrines ont développé des forcesrévolutionnaires qui nattendent que le moment pourfaire explosion et remplir le monde deffroi et dadmira-tion. Alors apparaîtront des kantistes qui ne voudrontpas plus entendre parler de piété dans le monde desfaits que dans celui des idées, et bouleverseront sansmiséricorde, avec la hache et le glaive, le sol de notrevie européenne pour en extirper les dernières racines dupassé. Viendront sur la même scène des tichtéens ar-més, dont le fanatisme de volonté ne pourra être maî-trisé ni par la crainte ni par lintérêt ; car ils vivent danslesprit et méprisent la matière, pareils aux premiers