DK L’ALLEMAGNE.
173
fanté depuis Leibnitz. Il ne faut pas demander s’il dominede beaucoup Kant et Fichte. Pénétrant comme le pre-mier, vigoureux comme le second, il possède en outreune tranquillité d’esprit constitutrice, une harmonie depensée que nous ne trouvons pas chez Kant ni chezFichte, parce que l’esprit révolutionnaire règne davan-tage chez ces derniers. On ne peut non plus comparercet homme à son ci-devant maître M. Joseph Schelling,car Hegel était un homme de caractère ; et, quoiqu’ilait, comme M. Schelling, prêté au statu quo de l’État etde l’Église quelques justifications trop préjudiciables, ille fit, lui, pour un État qui rendait hommage, du moinsen théorie, au principe du progrès, et pour une Églisequi considère comme son élément vital le principe dulibre examen; et il a avoué toutes ses intentions.M. Schelling, au contraire, rampe dans les anticham-bres d’un absolutisme aussi pratique que théorétique, et,dans les antres du jésuitisme, il aide à forger des chaînesintellectuelles; et puis il veut nous faire croire qu’il esttoujours et invariablement le même qu’il fut jadis : ilrenie même sa qualité de renégat, et à l’opprobre de ladéfection il ajoute encore la lâcheté du mensonge.
Nous ne le dissimulons pas, aucun motif de piété oude prudence ne nous engage à le taire : le penseur qui,jadis, développa le plus hardiment en Allemagne la reli-gion du panthéisme, celui qui proclama le plus haut lasanctification de la nature et la réintégration de l’hommedans ses droits divins, ce penseur s’est fait l’apostat de
i.
10 .