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ŒUVRES DE HENRI HEIKE.
démontré, Fichte, au moyen d’un acte intellectuel,avait voulu construire le réel par l’idéal. M. JosephSchelling a renversé la chose, il a cherché à faire sortirl’idéal du réel. Pour m’exprimer plus clairement, par-tant du principe que la pensée et la nature ne sontqu’une seule et même chose, Fichte arrive, par l’opéra-tion de l’esprit, au monde des faits; par la pensée, ilcrée la nature; par l’idéal, le réel. Pour M. Schellingau contraire, pendant qu’il part du même principe, lemonde des faits se résout en pures idées, la nature enpensée, le réel en idéal. Ces deux tendances de Fichteet de M. Schelling se complètent donc jusqu’à un cer-tain point; car, en admettant une fois ce principe supé-rieur dont je viens de parler, la philosophie pouvait sediviser en deux parties, dans l’une desquelles on démon-trerait comment de l’idée résulte la nature, et dansl’autre comment la nature devient pure idée. La philo-sophie a donc pu se partager en idéalisme transcendantet en philosophie de la nature. Aussi M. Schelling a-t-ilréellement reconnu ces deux faces, et il a démontré ladernière dans ses Idées pour servir à une philosophiede la nature, et la première dans son Système de l’idéa-lisme transcendental.
Je ne parle de cès deux ouvrages, dont l’un parut en•1797 et l’autre en 1800, que parce que ces deux facesréciproquement complémentaires sont exprimées dansle titre même, et non parce qu’ils contiennent un sys-tème complet. Non; un tel système ne se trouve dans