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1 (1863)
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DE L’ALLEMAGNE.

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faits. Nos plaisants eurent encore à rire d’un malen-tendu qui devint trop populaire pour que je puisse medispenser d’en parler. La masse s’imaginait que le moide Fichte était le moi particulier de Johannes GottliebFichte, et que ce moi individuel niait toutes les autresexistences. Quelle impudence ! s’écrièrent les bonnesgens; cet homme ne croit pas que nous existions, nousqui avons plus de corps que lui, et qui, en qualité debourgmestre et d’archiviste du tribunal, sommes mêmeses supérieurs ! Les dames disaient : « Ne croit-il pas aumoins à l’existence de sa femme?— Non.— Et madameFichte souffre cela ! »

Le moi de Fichte n’est pourtant pas un moi indivi-duel , mais le moi universel, le moi du monde parvenuà la conscience de soi. La pensée de Fichte n’est pas lapensée d’un homme, d’un homme déterminé, qui s’ap-pelle Joannes Gottlieb Fichte ; c’est bien plutôt la penséeuniverselle qui se manifeste dans un seul individu.Comme on dit: Il pleut, il éclaire, etc., Fichte ne de-vrait pas dire : « Je pense, » mais « il pense ; la penséeuniverselle pense en moi. »

Dans un parallèle entre la révolution française et laphilosophie allemande, j’ai comparé un jour, plus parplaisanterie que sérieusement, Fichte à Napoléon; maisil existe en effet ici des analogies remarquables. Aprèsque les kantisles ont achevé leur œuvre de destructionterroriste, apparaît Fichte, comme parut Napoléonquand la Convention eut démoli tout le passé à l’aide