DE L'ALLEMAGNE.
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roules différentes, selon qu’ils ont admis des idées àpriori ou des idées à posteriori; mais la faculté mêmede connaître, la capacité et les bornes de cette faculté,on s’en était moins occupé. Ce fut la tâche que s’imposaKant : il soumit notre faculté de connaître à une enquêteimpitoyable, sonda toutes les profondeurs de cettefaculté, et en constata les limites. Il trouva sans douteen résultat que nous ne pouvons rien savoir de beau-coup de choses que nous donnions précédemmentcomme nos connaissances intimes. C’était très-morti-flant; mais il était toujours utile de savoir quelles chosesnous ne pouvions savoir. Qui nous met en garde contreun chemin inutile et nous rend autant service que celuiqui nous indique la vraie route. Kant nous prouve quenous ne savons rien d.es choses telles qu’elles sont enelles-mêmes et par elleS-mêmes, mais que nous n’enavons connaissance qu’autant et de la manière qu’ellesse réfléchissent dans notre esprit. Nous sommes alorstout à fait comme ces prisonniers dont Platon, dans leseptième livre de sa République, fait une peinture siaffligeante. Ces malheureux, enchaînés par le cou et parla cuisse, de telle façon qu’ils ne peuvent tourner latête, sont assis dans une prison ouverte par le haut, etc’est d’en haut qu’ils reçoivent quelque lumière ; maiscette lumière vient d’un feu dont la flamme s’élève der-rière eux , et qui est séparé d’eux par un petit mur. Lelong de ce mur marchent des hommes qui portent toutessortes de statues, images de bois et de pierre, et qui