DE L ALLEMAGNE.
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plus tard que l’attention publique fut attirée sur ce grandlivre par des articles de Schütz, Schultz et Reinhold. Onpeut bien attribuer à la forme inusitée et au mauvaisstyle de l’ouvrage celte reconnaissance tardive : quantau style, Kant mérite plus de blâme qu’aucun autre phi-losophe , surtout quand nous le comparons à son styleprécédent, qui était meilleur. La collection de ses petitescompositions, qui a été publiée dernièrement, contientses premiers essais, et l’on s’émerveille d’y rencontrerune manière excellente et souvent très-spirituelle. Il afredonné ces petits traités pendant qu’il ruminait songrand œuvre. Il me fait l’effet d’un soldat qui sourit ens’armant tranquillement pour un combat où il se prometune victoire certaine. On remarque surtout, dans cespetits écrits, Y Histoire naturelle universelle et la Théoriesur le sentiment du ciel , composée dès l’année 1755; lesConsidérations du beau et du sublime , écrites dix ansplus tard, ainsi que les Songes d’un homme qui voit desesprits, pleins d’une verve excellente, à la manière desessais français. L’esprit de Kant, tel qu’il se révèle dansces opuscules, a quelque chose de tout particulier. L’es-prit s’y cramponne à la pensée, et, en dépit de sa ténuité,s’élève ainsi à une hauteur satisfaisante. Sans un pareilappui, l’esprit, même le plus riche ne saurait réussir;comme une vigne qui manque de soutien, il lui faudraitramper tristement à terre, et y pourrir avec ses fruitsles plus précieux.
Mais pourquoi Kant a-t.-il écrit sa Critique de la rai-