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DE LALLEMAGNE.
inexorable pour le génie. Hélas ! l’homme de génie eût-il le bonheur de ne pas rencontrer l’ennemi du dehors,il n’en trouverait pas moins en lui-même l’ennemi quiprépare sa ruine. C’est pourquoi l’histoire des grandshommes est toujours une légende de martyrs; quandils ne souffrirent pas pour la grande humanité, ils souf-frirent pour leur propre grandeur, pour leur grandemanière d’être, pour leur horreur du vulgaire, pour leurmalaise au milieu de la trivialité vaniteuse et de la peti-tesse tvacassière de leur entourage, malaise qui les portefacilement aux extravagances, par exemple, aux ac-trices ou au jeu, comme il arriva au pauvre Lessing.
Les mauvaises langues ne trouvèrent pas autre choseà lui reprocher, et nous apprenons, par sa biographie,que les belles comédiennes lui parurent plus amusantesque les pasteurs de Hombourg, et les cartes muettesl’entretenaient mieux que le bavardage des philosophesI wolfiens.
Cela fend le cœur, de lire dans cette biographie commele sort refusa à cet homme toute espèce de joie, et nelui permît même pas de se reposer, dans la paix de lafamille, de ses combats journaliers. Une seule fois, lafortune sembla vouloir le favoriser, en lui donnant uneépouse chérie, un enfant... Mais cette joie ne fut que lerayon du soleil sur l’aile d’un oiseau qui s’envole. Lafemme mourut après ses couches, et l’enfant quelquesheures après sa naissance. Il écrivit à un de sés amis,sur cet enfant, ces lignes d’une poignante ironie :
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I.