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ŒUVRES DE IIF.NRI HEINE.
ciale, et à la solution desquelles elle concourt avec lareligion.
C’est de la nature de Dieu qu’il s’agit d’abord. Dieuest le commencement et la fin de toute sagesse, disentles croyants dans leur humilité, et le philosophe, danstout l’orgueil de sa science, est obligé de se rallier àcette pieuse sentence.
Ce n’est point Bacon, ainsi qu’on l’enseigne ordinai-rement, mais René Descartes qui est le père de la phi-losophie moderne, et nous allons démontrer fort claire-ment quel est le degré de filiation de la philosophieallemande par rapport à lui.
René Descartes est un Français, et c’est encore à lagrande France qu’appartient ici la gloire de l’initiative ;mais la grande France, la terre bruyante, agitée et ba-billarde des Français, n’a jamais été un sol propice à laphilosophie, et celle-ci n’y réussira peut-être jamais.C’est bien ce que sentit René Descartes, et il s’en futdans les Pays-Bas, dans le pays calme et taciturne desTrekscliuites et des Hollandais. C’est là qu’il écrivit sesouvrages; c’est là seulement qu’il put affranchir sonesprit du formalisme traditionnel, et élever tout un édi-fice philosophique de pures pensées qui ne sont em-pruntées ni à la foi ni à l’empirisme, condition qu’on aexigée depuis de toute philosophie véritable. C’est làseulement qu’il put s’enfoncer si profondément dans lesabîmes de la pensée, qu’il la saisit dans les derniers re-plis de la conscience de soi, et qu’il put en même temps