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1 (1863)
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48
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OEUVRES DE HENRI HEINE.

devait maintenir la liberté de penser protestante. Depuisce temps les choses ont changé, et le chaperon naturelde notre liberté protestante s’est entendu avec le partiultramontain pour l’étouffer ; il a même traîtreusementfait servir à ses desseins une arme trouvée et tournéecontre nous par le papisme : la censure.

Quelle bizarrerie! Nous autres Allemands, nous sommesle plus fort et le plus ingénieux de tous les peuples. Lesprinces de notre race occupent tous les trônes de l’Europe;nos Rothschild gouvernent les bourses du monde entier;nos savants régnent dans toutes les sciences; nous avonsinventé la poudre à canon et l’imprimerie ; et cependant,quand quelqu’un de nous tire un coup de pistolet, il paietrois thalers d’amende ; et, quand un de nous veut faireinsérer ces mots dans la Gazette de Hambourg : « Jepréviens mes amis et connaissances que ma femme estheureusement accouchée d’un enfant beau comme laliberté ! » M. le docteur Hoffmann prend un crayon rougeet efface « la liberté. »

Gela durera-t-il encore longtemps ? Je n’en sais rien.Mais je sais que la question de la liberté de la presse,qu’on débat si violemment à cette heure en Allemagne,se lie significativement à toutes les questions que je viensde traiter ; et je crois que la solution ne sera pas difficile,si l’on songe que la liberté de la presse n’est autre choseque la conséquence de la liberté de penser, et par consé-quent un droit protestant. Or l’Allemagne a déjà verséson meilleur sang pour des droits de ce genre, et il se