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ŒUVRES DE HEN1U HEINE.
permis d’obtempérer aux battemensde ton cœur et d’em-brasser une jolie fille ; mais nous t’obligeons à recon-naître que c’est un péché abominable, un péché pourlequel tu feras pénitence. — Que ce péché et d’autrespussent être rachetés par de l’argent, c’était une penséeaussi bienfaisante pour l’humanité que profitable à l’É-glise. L’Église faisait payer rançon, pour ainsi dire, àchaque jouissance charnelle, et il en advint une taxe pourtoutes sortes de péchés. Il y eut de religieux colporteursqui offraient dans le pays, au nom de la sainte égliseromaine, des indulgences d’après le tarif de tous lespéchés taxables. Tetzel, l’un de ces colporteurs, fut celuicontre lequel s’éleva d’abord Luther. Nos historiens disentque cette protestation contre le trafic des indulgences futune circonstance peu importante, et que ce ne fut quepoussé par la raideur de Rome , que Luther, qui ne s’é-levait d’abord que contre un abus, attaqua l’autorité del’Église à son sommet le plus culminant. Mais c’est encorelà une erreur : le trafic des indulgences n’était pas unabus ; c’était une conséquence de tout le système de l’É-glise ; en l’attaquant, Luther attaqua l’Église, et l’Églisedut le condamner comme hérétique. Léon X , ce superbeFlorentin, l’élève de Politien, l’ami de Raphaël, ce phi-losophe grec, couronné de la tiare que lui conféra leconclave, peut-être parce qu’il souffrait d’une maladiequi n’était assurément pas le produit de l’abstinencechrétienne, et qui était alors encore Irès-dangereuse,Léon de Médicis dut bien rire de cc pauvre, simple et