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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
fois son devoir et néglige—t—elle de porter le plat dukobold à l’heure dite, elle est forcée de faire toute seulesa tâche, et rien ne lui réussit. Tantôt elle se brûle dansl’eau bouillante, tantôt elle brise les pots et la vaisselle,elle renverse les sauces, etc.; ce qui la fait infaillible-ment gronder et punir par le maître ou la maîtresse dulogis, cas auquel on entend souvent le kobold se moqueret rire. De leur côté, les kobolds ont coutume de resterdans la maison même quand on y change de servantes.Souvent une servante qui s’en allait recommandait lekobold à celle qui prenait sa place, et quand celle-ci netenait pas compte de ses recommandations, les mal-heurs ne lui manquaient pas, et elle était forcée à sontour de quitter bientôt la maison. »
L’anecdote suivante est peut-être une des plus ter-ribles aventures de ce genre.
Une servante avait eu pendant bien des années uninvisible esprit familier qui s’asseyait près d’elle aufoyer, où elle lui avait fait une petite place, s’entretenantavec lui pendant les longues nuits d’hiver. Un jour laservante pria Heinzchen (elle nommait ainsi l’esprit).dese laisser voir dans sa véritable forme. Mais Heinzchenrefusa de le faire. Enfin, après de longues instances, ily consentit, et dit à la servante de descendre dans lacave où il se montrerait. La servante prit un flambeau,descendit dans le caveau, et là, dans un tonneau ouvert,elle vit un enfant mort qui flottait au milieu de son sang.