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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
les tenait pour coupables et on les brûlait sans miséri-corde. C’était la logique du temps.
Comme base du caractère des démons allemands,nous voyons que tout ce qui est idéal leur a été enlevé,et que l’horrible est allié en eux à l’ignoble. Plus ils semontrent lourdement familiers, plus l’impression qu’ilsproduisent est effroyable. Rien n’est plus repoussantque nos revenants, nos kobolds et nos farfadets. Præto-rius, dans son Antropoclemus plutonicus donne unepage à ce sujet, que je copie :
« Les anciens n’ont pu dire autre chose des kobolds,sinon que c’étaient des hommes véritables, de formesemblable aux petits enfants, avec de petits habits ba-riolés ; quelques-uns ajoutent qu’ils portent un couteauqui sort de leurs reins, par quoi ils sont très-laids à voir,ayant été autrefois méchamment assassinés avec cetinstrument. Les superstitieux pensent que ce doiventêtre les âmes de gens tués dans la maison où ils appa-raissent; et ils rapportent beaucoup d’histoires, disartque les kobolds rendent de si bons services aux servante*et aux cuisinières et se font tant aimer, que beaucoupde celles-ci les ont pris en affection au point de désirerardemment lëur vue et de les appeler. Mais ces espritsne se rendent pas volontiers à leurs désirs, car ils disentqu’on ne peut les voir sans frissonner à en mourir. Ce-pendant, quand les servantes insistent, les koboldsdésignent un endroit de la maison où ils se présentent