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UJUVEES DE HENRI HEINE.
identifiée à la vie entière de tous les peuples chrétiens.Dans leurs dernières raisons, les manichéens ne diffèrentpas beaucoup des gnostiques. La doctrine des deux prin-cipes , le bon et le mauvais, qui se combattent, leur estcommune. Les uns, les manichéens, empruntèrent cedogme à l’ancienne religion des Parsis, où Ormuz, lalumière, est opposé à Ariman, la nuit ou les ténèbres.Les autres, les véritables gnostiques, croyaient plus àla préexistence du bon principe, et expliquaient la nais-sance du mauvais principe par l’émanation, par géné-ration A'Eons qui se détérioraient d’autant plus qu’ilss’éloignaient de leur origine. D’après Cerynthus, lecréateur de notre monde n’est nullement le Dieu très-haut, mais seulement une émanation de lui, un de cesEons, le véritable demiourgos , qui a insensiblementdégénéré, et qui s’est placé en adversaire vis-à-vis dulogos, le bon principe émané directement du Dieu su-prême. Cette cosmogonie gnostique est d’origine in-dienne ; elle entraîne avec elle la doctrine de l’incarna-tion de Dieu, de la mortification de la chair, de la viecontemplative; elle a donné naissance à l’ascétisme, àl’abnégation monastique, qui est la fleur la plus pure del’idée chrétienne. Cette idée n’a pu se manifester quetrès-vaguement dans le dogme, et n’apparaître queconfusément dans le culte. Toutefois nous voyons appa-raître partout la doctrine des deux principes; le per-vers Satan est partout opposé au Christ; le monde spi-rituel est représenté par le Christ; le monde matériel