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peut leur ôter leur influence populaire , àmoins qu’on ne veuille en même-tems leurôter toute la puiflance de leur adminiftration,& par conféquent leur adminiftration même.
Ce n’eft pas tout , j’ai remarqué plus hautque la nobleffe , quand même elle fe feroitconfervée dans fa chambre, n’auroit jamais puavoir de véritable veto , puifqu’elle n’a voitpoint de puiflance ; on a dû fe demander alorscomment elle avait fait pour entrer dans laconftitution ; mais on fent que la réponfe àcette demande fe rapporte naturellement auxtems féodaux, aux tems où la noblefte étoittoute militaire , & oit toute la force des armesétoit dans fes mains ; mais depuis que nosrois ont anéanti le fyftême féodal f, depuisqu’ils ont eu à leur difpofition des impôts, &Cdes armées nombreufes & difciplinées , il eftévident que toute la puiflance de la nobleffe a étéanéantie, qu’elle ne pourroit figurer aujourd’huique comme unhors-d’œuvre dans la conftitution.Et cependant je dois dire que fi elle redevenoitune partie de ce qu’elle a été autrefois, fi elleformoit une cafte féparée , où tout le cou-rage , tout l’honneur , toute la force de lanation paruffent en quelque forte concentrées ;fi avec cela on lui accordoit des affemblées