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avoir envahi la liberté des autres, il finira parpar perdre la Tienne.
Et puis , eft-ce qu’un peuple peut confer-ver la liberté fans mœurs ? 8c fes relationsavec fes voifins n’influeront-elles pas fans ceflefur fes mœurs? Le commerce ne lui portera-t-ilpas le goût du luxe 8c de la volupté ? n’intro-duira-t-il pas une grande inégalité dans lesfortunes, & avec cette inégalité des fortunesune grande inégalité dans les conditions ? Etalors, fi c’eft le peuple qui eft le maître, vousne pourrez éviter une grande fermentationfur ces deux points: s’il a plus d’orgueil qiiede cupidité, il demandera le partage égal dela confidération publique ; s’il a plus de cupi-dité que d’orgueil > ce fera l’abolition de toutesles créances particulières , 8c le partage desterres. Enfin, ne fût-ce que la fimple commu-nication , le commerce même des fciences &des arts, il y en auroit encore aflez pour porterdans une nation le goût des chofes étrangères,8c pour relâcher le lien des habitudes natio-nales ; or , une nation qui ne tient plus àfes habitudes, eft une nation toute prête àune révolution. Il ne suffit donc pas d’avoirune conftitution , c’eft-à-dire , d’avoir unebonne exiftence comme peuple j il faut encore
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