comberoît pas tout-à-fait fous le poids d’uneforce fupérieure, on fent qu’il doit fe dégra-der par le fentiment de fes défaites, par l’op-probre des conditions honteufes qui lui ferontimpofées ; bientôt tout honneur aura difparu,toute vertu publique fera moiffonnée, le pa-triotifme deviendra une rêverie fanatique, &l’égoïfme perfonnel fe fubftituera par-tout àl’égoïfme national. Un peuple de cette efpecene peut plus être conftitué , il faut néceffaire-ment que le peu de force qui lui refte ferve àle gouverner par la crainte, 6c il fera efclavefans être enchaîné , ce n’eft pas la peine qu’onlui forge des fers.
Si, au contraire, il ell: vainqueur, Sc fi fesviftoires font fréquentes, le voilà entouré dedangers d’une nouvelle efpece ; d’abord le fen-timent de fes forces le rendra arrogant, &quand il n’auroit pas la manie des conquêtes,il aura du moins celle de vouloir fe mêler desquerelles de fes voifins ; Sc fes voifins ferontde leur côté tous leurs efforts pour l’entraînerdans leurs querelles. Le voilà donc encore enmefure de devenir guerroyeur & conquérant ;bientôt à force de conquête , à force de femêler avec des nations avilies & corrompues,il s’avilira & fe corrompra avec elles, ôc après
avoir