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appelle cela la fèparation des pouvoirs : c’eftbien mieux encore, car c’eft la fèparation desintérêts. Je crois bien qu’on arrive ainfi à ladiffolution &: à l’anarchie, mais non pas à laliberté.
Le fens de ces trois mots juge , peuple &jujüciable , étant déterminé, on voit bien qu’ilne peut plus relier aucun doute fur la grandequeftion : fi les juges feront nommés par lepeuple , ou par le roi. Seulement on doit> s’imaginer qu’il feroit bien difficile au roi deprononcer lui-même fur tant de nominations ,& de connoître en détail les mœurs, le mé-rite & la conduite de tous les perfonnages quife préfenteroient.
Cette feuille d’éleélion , abandonnée à desminiftres , pourroit d’ailleurs être dangereufe-^ ment placée dans leurs mains ; ce feroit lesexpofer à donner fans celle des témoignagesde leur impéritie , & laiffer trop de tentationsà la cupidité. Le roi ne doit donc pas avoir ,à cet égard , d’autres miniftres que ceux quipeuvent lui fournir les plus grandes lumières ,& qui ont l’intérêt le plus direfl: à la bonté& à la fagefle des choix , c’eft-à-dire , lespeuples des cantons ; & c’eft ici encore ,comme dans mille autres points de l’admi-
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