potrfme, ou plutôt n’est-ce pas le defpotifmede la multitude qui aura remplacé celui d’unfeul ? Et que deviendra l’homme calomnié,l’homme dénoncé comme accapareur, commeconfpirateur, l’homme déligné à la haine pu-blique ? quelle fera fa confiance dans les créa-tures du peuple contre la fureur du peuple?on nous parle alors de la vertu de l’homme,de la loi ; on nous parle de fon intrépidité, defon héroïfme, & c’eft ainli qu’on réduit toutl’efpoir de l’innocence à l’héroïfme du juge.Mais encore n’eft-ce pas s’abufer que de ne pasvoir que le premier qui aura été immolé ainfiaux pallions populaires , deviendra un terribleexemple pour fon fucceffeur , que bientôt leCourage fe refroidira , qu’une honteufe eir-confpeclion prendra fa place, & que tout letalent fe réduira bientôt, à favoir plus ou moinslâchement compofer avec les demandes lesplus injufles & les volontés les plus atroces.
Qu’eft-ce d’ailleurs que cette.proportion del’établiffement d’un homme public commispar le roi pour le miniftere public, à côtéd’un homme commis par le peuple pour lesjugemens; c’eft-à-dire, de deux ennemis char-gés de s’obferver mutuellement, de fe gêner?de fe contrarier, de fe'nuire fans ceffe, & on