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eft vrai de dire que tous les pouvoirs émanentdu peuple; mais ceux qui ont les premiersinftitués cet axiome, n’ont pas entendu parleralors du peuple de tel ou tel lieu, de tel outel canton, de tel ou tel département qui efttoujours un /peuple fujet ou un fragment depeuple, mais de la colle&ion de tous les mem-bres de l’affociation qui forme feul le peuplefouverain. Ainfi, quand on a remis l’éleûiondes juges à des diftriéfs & à des cantons, &qu’on a dit qu’on l’avoit remife au peuple ,on a menti ; car on l’a remife feulement à uncertain nombre d’individus qui font véritable-ment fujets, &c non pas au fouverain par ef-fence &c par excellence, qui eft le peuple.
Nous pouvons encore remarquer qu’on nefe trompe pas moins fur l’emploi journalierqu’on fait de ce mot jujliciable , qu’on a devinépour donner une efpece de vernis de conve-nance à une inftitution vivement attaquée ;quand on dit que l’éleélion des juges a étéremife aux jufticiables , on avance encoremanifeftement une fauiTeté : car, fans parler detous les cantons limitrophes , qui, par leurrelations néceffaires, font prefque auffi jufti-ciables du juge du canton, que les habitanseux-mêmes, il eft évident que tous les citoyens
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