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Je confens qu’elle foit temporaire ; mais, fic’eff une charge, fi c’eft une place pour lesJuïliciables, & non pas pour le juge, il fautqu’elle foit durable. Il faut qu’en fous-pefantles honneurs ÔC les falaires que la fociété at-tache à cette charge pour en tempérer lesennuis, l’homme puiffe y accomoder fa fitua-tion, y former fes habitudes, s’en faire unétabliffement ; car les hommes tranquilles &honnêtes aiment fur-tout àle cafer.Les hommesremuans, les intrigans, les ambitieux qui n’en-vifagent les places que comme un degrépour arriver à d’autres, font des hommesqui ne conviennent pas à la profefïionde juges qui demande fur-tout des êtres mo-dérés , pacifiques, pafïifs comme la loi dontils font les organes. Enfin foit que FélecHonappartienne au roi, ou au peuple, je ne puism’empêcher de craindre,qu’un juge temporaire,au lieu d’être l’organe de la loi, ne foit bienplutôt l’organe des paillons de ceux quil’ont élus ; d’abord , parce qu’ils l’ont élus, ôçenfuite parce qu’ils peuvent le dellituer & leréélire ; dans ce cas, quele roi nomme ou que cefoit le peuple, il me paroît inévitable que cethomme ne foit toujours à la difpofition dupeuple ou des mmiftres; or, un juge fans