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Essai sur l'art de constituer des peuples : ou examen des opérations constitutionelles de l'Assemblée nationale de France
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jamais à fermer un intervalle entre la grandecorporation du sénat et les corporations infé-rieures. La vknité du patriciat le tenta à Rome,& nen put venir à bout. Une infinité de ci-toyens considérables , soit par leurs grandesactions, soit par leurs alliances, foit par leuropulence, se placeroient bientôt deux-mêmesdans cet intervalle. Les anciens croyoient quela nature avoit horreur du vuide ; car cet axiomeest exactement vrai en politique ; le ressort desêtres étant toujours plus ou moins pressé partout ce qui les entoure, les tient en quelquesorte dans une inquiétude phyfique conti-nuelle, & les porte par conséquent sur toutesles issues qui peuvent les conduire à uneplace meilleure et plus aisée ; cest ainsi que,malgré les précautions du fénat de Rome,les familles plébéiennes trouvèrent le moyende partager les honneurs du patriciat, et bien-tôt même il se forma entre le sénat et le peu-ple un ordre intermédiaire de noblesse , jeveux dire les chevaliers.

Ainsi tous les rangs, qui suivront immédia-tement et la cour des rois et la magistraturesuprême, composeront bientôt ce que le peu*pie appellera la noblesse, et la nobleffe elle-même ne sera autre chose que la partie émi-