III
nente de la masse du peuple ; elle fe compo-sera naturellement de toute cette classe decitoyens qui, exempts des soins de la for-tune, exempts de toutes les follicitudes desbesoins qui retiennent l’homme auprès desarts lucratifs , embrasseront par goût la car-rière de l’honneur, et se porteront d’habitudedans toutes les branches du fervice public quipourront leur attirer de l’éclat et de l’impor-tance : car il est très-vrai de dire , que celuiqui n’a pas , ou qui a peu de fortune , & quiest obligé de diriger son activité vers les objetsqui peuvent lui en procurer , n’est véritable-ment & ne peut être occupé que de lui ; aulieu que l’homme opulent qui peut réunirtoute fon activité & toutes fes forces, nonpas comme le premier vers le but étroit etobscur d’un intérêt particulier, mais vers lesobjets vastes et brillans de l’intérêt et de laprospérité publiques, on ne peut se diffimulerque le champ de l’honneur ne femble être plusparticuliérement à lui.
Si l’on porte fes regards sur les différentesprofeffions de l’état, il faudra donc convenirqu’elles sont toutes honnêtes, ma s qu’elles nesont pas toutes nobles ; qu’elles sont toutesdignes d’estime et de protection, mais qu’elles