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Les commiflions du defpotifme étoient bienmoins dangereufes pour l’innocence , car dumoins le defpote offenfé avoit des ménage-mens à garder. Le peuple furieux n’en aaucun. Le magiftrat pouvoit oppofer à ladifgrace du tyran le dédommagement con-folateur d’une eftime & d’une opinion indé-pendante de lui. Ici, le peuple tyran tientdans fes mains cette opinion , & c’eft aveccette opinion môme qu’il accable l’innocent& le juge.
Il n’y a donc qu’un corps ariftocratiqued’une grande confiftance qui ait allez deforce pour modérer l’influence populaire pourfufpendre le torrent de l’opinion , & quipuiflë de toute maniéré mettre un accufé enétat de lutter à armes égales contre fon ac-cufateur.
Et dès-lors, on fent que cette puiflancedoit être fixe & invariable , & par confé-quent que fon exiftence doit avoir fes at-taches dans les bafes mêmes de la conftitu-tion.
C’efl: ainsi que par un bienfait de la nature,ce ferment d’inégalité ou d’aristocratie qu’ellea créé, et que la politique a été forcée d’in-troduire dans l’organifation même du gouver-
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