que îe peuple doit départir au prince tout le-pouvoir que celui-ci efl: capable de gérercar ce n’eft véritablement qu’à caufe de l’inca-pacité des princes que les peuples font obligesde s adjoindre en quelque forte à eux pour lesaider dans leur propre adminiflxation, & c’efl:une grande erreur de regarder la fon&ion degouverner comme un bienfait, comme unefaveur, tandis que réellement elle n’efl: & nedoit être qu’une charge. Cette charge doitpefer fur toutes les forces du prince, & cen’efl: qu’à défaut de fes forces qu’on efl: obligéde lui en adjoindre d’accefloires qui, en s’aflî—milant aux fîennes propres, & fe co-ordonnantà lui comme au centre, compofent toute la vie-du gouvernement dent il doit être l’âme (i).
D’après ces idées, il efl: donc bien elfentielde diftinguer dans le prince l’être foible, pleinde vices , de pallions , d’imperfeftions ou
(1) Trouve^ - moi un homme fouverainementbon , doux , humain , intelligent , fage, laborieux ,,a&if, jujle , févere , &c. ; & je dirai qu'il fau 1faire cet homme roi , & que le meilleur gouverne -ment fera celui de cet homme. Le meilleur gouver-nement ef donc celui ddun feul , que l'art de Luconfitution force d'avoir toutes ces qualités^