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d’ignorance ; en un mot, l’homme du roi ,c’eft-à-dire , de l’être extraordinaire formépar la conftitution, de maniéré à être toujoursfort, éclairé, vertueux & puiffant ; qu’on medonne l’homme le plus riche 8c le plus ro-bufte , je demande fi, avec fa force indivi-duelle 8c fes richelfes perfonnelles feu es , ilpourra fournir aux dépenfes de l’adminiftrationgénérale, 8c protéger par tout le royaume, foitau dedans, foit au dehors. Qu’on en dife au-tant de fa vertu , de fa volonté, de fes lumiè-res ; au milieu des mouvemens compliquésd’un valte empire , d’une fi grande lutte detous les intérêts 8c de toutes les pallions , favertu perfonnell-e, quelle qu’elle fut, ainli quetoutes fes autres facultés, feroient abfolument 8cnéceflairement infuffifantes. Ce n’eft donc pasfeulement des fubfides d’argent 8c de troupesdont le prince a befoin pour être à même deprotéger efficacement la félicité publique, maisfur-tout des fubfides de lumières, de volontés& de vertus. Et qu’on ne dife pas que deshommes appellés 8c créés par lui, fuffiroientà cet égard; ces hommes , quels qu’ils fulTent,ne feroient jamais que des canaux plus oumoins multipliés pour diftribuer les émanationsinfuffifantes de fa propre foibleffe ; ces hommes