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Essai sur l'art de constituer des peuples : ou examen des opérations constitutionelles de l'Assemblée nationale de France
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dêtre aidé, protégé, aimé , éclairé ; lattraitque la nature lui a donné pour les êtres defon efpece, tout le porte à délirer letat defociété ; mais cette fociété quil recherche pourfon bonheur, doit fe compofer de même pourle bonheur de fes co-aflociés : d il fuit quele meilleur état de fociété eft celui lesaffociés, par des loix communes, jouiffent deplus de bonheur réel et individuel : les loix delassociation ne peuvent évidemment avoirdautre but.

Daprès ces idées, la loi, dans son expres-sion générale, nest donc autre chose que laréunion de toutes les volontés : elle doit doncêtre louvrage, non pas dun seul individu oude plusieurs , mais de tous , et voilà ce quicompose pour le citoyen sa liberté politique.Du moment que la loi est faite , il est évidentquil sest donné un maître ; mais il est évidentaussi quil ne doit pas en avoir dautre. Lasoumission à la volonté générale , lindépen-dance de toutes les volontés particulières,voilà ce qui compose sa liberté civile.

Pour coopérer à la loi , deux conditionssont donc essentielles. La première , davoirune volonté à soi ; la seconde , davoir ungrand intérêt à la loi. Il est évident que celui