2 6
» hommes, dit-il, ne changent pas d’idée en*> un jour; plus nos préjugés font bizarres &» abfurdes , & plus ils ont de force contre» notre raifon ; les pallions ont leurs habi-» tudes qu’on ne détruit que très-lentement.» Les progrès vers le bien doivent être fou-» vent interrompus. Si Charlemagne eût voulu» arracher brufquement les Français à leurs» habitudes & à leurs préjugés, il n’eût fait» que les révolter , au lieu de les éclairer ; il» ne s’agiffoit pas de leur donner des loix par-» faites en elles-mêmes ; mais les meilleures» qu’ils puffent exécuter. Voilà le chef-d’œuvre» de la raifon humaine, ajoute-t-il, quand de» la théorie elle pâlie à la pratique ; il faut louer» dans le légiflateur des Français jufqu’aux» efforts qu’il fit pourfe raba'fler jufqu’à eux,» & n’être fage qu’autant cu’il le falloit pour» être utile (i).
Pour moi, je ne crois pas que vous ayezjamais voulu être fages ni utiles ; je crois quevous avez toujours été iniuftes , que la ven-geance , la paffion , la van : té vous ont égarésdans toutes vos fpéculations ; mats en vous
!
(i) Obftrvat. fur l'hijloin Je France , tome 2 ,page 1(34.