juutij PRINCIPES DE GRAMMAIRE FRANÇAISE,
In en latin, elle signifie Dans : Incorporer , induire, etc. 2 ° Comme In et Non, en latin, et comme IAprivalif, en grec, elle emporte une idée négative. Indocile, Insupportable, etc. —Quand le simplecommence par L, M, ou K, l’I garde le son qui lui est propre, et 1’» s’assimile à la consonne dont elleest suivie : Illettré, immortel, irrégulier, etc.; s’il commence par B ou P, 1 ’n se change en m, et l’onprononce Èn avec le son nasal ; Imbu, importer, etc. ; partout ailleurs, In reste tel qu’il est et prendtoujours le son nasal devant une consonne, à moins que le simple ne commence par N ; Injuste, inquiet,inutile, inné, etc. On prononce I-nombrable pour innombrable ; on dit, Ignoble, ignare, etc., au lieude Inuoble, ingnare, etc.
Mé. Particule qui sert à composer différents mots auxquels elle ajoute la signification de l’adverbe latinmalè (mal), dont elle est une altération : Mécompte, méfait. Quelquefois on y ajoute une s: Mésaven-ture, mésuser, etc.
(*) Ne. Mot qui rend une proposition négative, qui précède toujours le verbe, et qu’on accompagnesouvent de Pas ou Point . — Ve s’élide devant une voyelle ou une h non aspirée. Il n’aime rien. Iln hésita pas à répondre. — On peut mettre pas et point devant ou après le verbe, s’il est à l’infinitif;dans les temps simples, ils doivent toujours suivre le verbe; dans les temps composés, ils se mettent entrel’auxiliaire et le participe Pour ne point souffrir, pour ne souffrir pas. Il ne souffre point, Il ne chantepas. Il na point souffert, Il na pas chanté. — Point nie plus fortement que Pas. Point , surtout suivi dela particule 4 e * forme une négation absolue; Pas laisse la liberté de restreindre. Jl n’a point d'esprit. Una pas d’esprit ce qu’il en faut pour sortir d’un tel embarras. — Pas convient à quelque chose d’accidentel ;Point à quelque chose d’habituel. Il ne lit pas, Il ne lit pas en ce moment. Il ne lit point, Il ne Ut jamais.
— On met Point au lieu de Non pour terminer une phrase elliptique, ou pour répondre à une interrogation ;Je le croyais mon ami, mais point. Lirez-vous ce livre ? Point. Avec Pas, il faudrait répéter la phraseentière : Je ne te lirai pas. — Dans une phrase interrogative, si la question est accompagnée de doute, ondira : N’avez-vous point été là ? S’il n’y a pas de doute, on dira par manière de reproche : N’avez-vouspas été là ? — On peut supprimer Pas et Point après les verbes Cesser, oser et pouvoir, et dans certainesinterrogations : Il ne cesse de gronder , On n’ose l’aborder, Je ne puis me taire, Jé a-t-il un homme dontelle ne médise ? —après le verbe Douter, précédé d’une négation et suivi de que , dans la phrase amenéepar cette conjonction: Je ne doute pas que cela ne soit ;—après Prendre garde, signifiant Éviter, le verbeétant au subjonctif : Prenez garde qu’on ne vous séduise; — après Savoir, signifiant Pouvoir, ou précédéd’une négation, et signifiant Être incertain: Je ne saurais en venir à bout. Jl ne sait ce qu’il veut;
— quand l’étendue de la négation est déterminée par des termes qui la restreignent, ou par d’autres quiexcluent toute restriction, ou par des termes qui désignent la moindre partie d’un tout, et qui se mettentsans article : Je ne soupe guère, Je ne soupe jamais, Je ne dis mot; — après ne suivi de l’adjectif autreet de que : Je n’ai d’autre but que celui de vous être utile; — après que, mis à la suite d’un termecomparatif: Vous écrivez mieux que vous ne parlez; — après que, au commencement d’une phrase inter-rogative ou exprimant un désir : Que ne parliez-vous ? Que ne puis-je ?... ; — après Depuis que, ou II y a,suivi d'un mot qui indique un laps de temps, quand le verbe est au prétérit : Depuis que je ne l’ai vu. Il ya six mois que je ne lui ai parlé; — après À moins que et si, dans le sens d’À moins que ; — lorsque deux néga-tions sont jointes par ni , ou quand cette conjonction est redoublée dans le sujet ou dans l’attribut ; Je neCestime ni ne Vaime. Ni les biens ni les honneurs fie valent la santé. Heureux qui n’a ni dettes ni procès ;—après Craindre, suivi de que, lorsqu’il s’agit d’un effet qu’on ne désire pas. —• Souvent Ne... que équi-vaut à Seulement. Je ne veux que le voir.
(*) Ni. Particule conjonclive et négative. Il n’est ni bon ni mauvais. Ni l’un ni l’autre na fait son devoir.
Par. Particule qui entre dans la composition de certains mots, et qui ajoute au mot primitif l’idée decomplément : Parachever, parfaire.
Para. Préposition empruntée du grec, qui sert à composer plusieurs mots indiquant opposition :Paradoxe, parachronisme. ,
(*) Pas. Adverbe de négation, presque toujours précédé de la négative Ne ou Non. Point, nullement. Jene le veux pas. Il faut se conduire par la raison, et non pas par la fantaisie. — Avec le mot Un,une, il signifie, Nul, nulle, aucun, aucune. Il n’y a pas un homme, pas une seule personne qui... —Pour les autres emplois de l’adv. Pas, et pour la différence de Pas et de Point, voir le mot Ne.
Péri. Préposition empruntée du grec, qui sert à composer certains mots indiquant qu’une chose estautour d’une autre : Périphrase, péristyle.
Point. Adverbe de négation, toujours précédé de la négative Ne ou Non, exprimée ou sous-entendue.Pas, nullement. Je n’en veux point. Il n’a point d’argent. Point de travail qui le rebute. Pour la diffé-rence entre Pas et Point , voir le mot Ne.
Poly. Parlirule empruntée de l’adjectif grec Jjolys, qui entre dans la composition de plusieurs motsservant à indiauer la réunion de plusieurs qualités ou attributs de même nature dans un meme sujet :Polygame, polygone.
Post. Préposition empruntée du latin, qui entre dans la composition de certains mots pour indiquerqu’une chose se fait, se dit, est placée après une autre, ou lui est postérieure : Postcommunion, post-date, posthume, etc.
Pré. Particule équivalente à la préposition latine prœ, qui entre dans la composition de certains mots,pour indiquer qu’une chose est dite ou faite d’avance, en précède une autre : Prédire, prévoir , préface.
(*) Nous avons mentionné ici les particules négatives ne, ni , pas, quoiqu’elles ne rentrent pas exactement dans la défini-tion donnée ci-dessus des particules dont il s’agit ; mais si elles ne se joignent pas à un radical pour le modifier, et former aveclui un seul mot, elles ne peuvent pas non plus être employées seules, et leurs fonctions grammaticales sont d'ailleurs assezimportantes pour trouver place ici.