XXX
PRINCIPES DE GRAMMAIRE FRANÇAISE ,
Que. Conjonction qui se place entre deux membres de phrase, pour marquer que le secoua verbe estrégi par le premier : il faut que je parte. — Il s’emploie comme particule de souhait, d’imprécation , etc. :Qu’il parte tout à l’heure! Que je meure, si cela n'est pas vrai! — Particule d’admiralion, d’ironie,d’indignation, dans le sens de Combien: Qu’il fait beau! Que je vous trouve plaisant! Que vous êtesimportun ! — Par exclamation entre un adjectif et le verbe Être : Insensé que j’étais ! Par interrogation, aucommencement d’une phrase, et presque jamais sans négation, excepté quelques phrases, dans le sens dePourquoi: Que ne parlez-vous? Que tardez-vous ?—Il est corrélatif des mots Tel t quel, meme, autre,meilleur, pire, et se met toujours après : Un homme tel que vous. Quel que soit son projet. Votre vinest le même, est meilleur, est pire, est autre que le mien; des adverbes de comparaison et de quelquesautres. Il est aussi heureux , plus heureux que sage. Quelque puissant que vous soyez. — Il s'emploie avecellipse des mots Autre chose, autrement 3 et alors il est toujours précédé de la négation : Je ne dis que lavérité. Il ne parle que par sentence. — Il forme certaines locutions avec diverses prépositions, conjonc-tions et adverbes, comme que, afin que, bien que, etc.—Il s’emploie quelquefois avec ellipse de
certaines prépositions et de certains adverbes auxquels on a coutume de le joindre. Approchez, que je vousparle. Je ne partirai pas que je ne l’aie vu .—lise dit pour Comme, quand et si, lorsque, à des propositionsqui commencent par ces mots, on en joint d’autres de même nature : Quand on est jeune, et qu’on se portebien ...—Par rédtmdance, ou pour donner plus de force à ce qu’on dit : Que s’il m’allègue, S’il m’allègue.C’est se tromper que de croire.
Quoique. Conjonction qui régit toujours le subjonctif. Bien que : Quoiqu’il soit peu riche , il est géné-reux. On sous-entend quelquefois le verbe : Quoique peu riche, il est généreux.
Si. Conjonction conditionnelle. En cas que, pourvu que, à moins que : Si vous désobéissez, vous serezpuni. Vous réussirez, si vous vous y prenez bien. Il partira, sises affaires ne s’y opposent pas .—Il s’emploieaussi dans certaines phrases où il s’agit, non d’une condition, mais d une chose certaine : Si je suis gai,c'est que j’en ai sujet , etc.—Il sert quelquefois seulement à marquer opposition : Si tun est vieux et faible,rautre est jeune et robuste. — L’i s’élide devant le mot //seulement : Il viendra s’il peut .— Subst. liatoujours des si, des mais. — Si ce n’est, signifie quelquefois, Excepté ; Il vous ressemble, si ce n’estqui! est plus petit .—Il s’emploie famii. comme particule affirmative opposée à Non : Vous dites que non, etmoi, je dis que si; Comme particule dubitative : Je ne sais si cela est vrai .—Il s’emploie dans le sens -deCombien : Vous savez si je vous aime. —Adv. dans le sens de Tellement, à tel point, il est suivi de que :Il est si sage, qu’on le cite pour modèle. —Absol. N’allez pas si vite .— Il s’emploie dans le sens de Quelque :Si petit qu’il soit. — Comparatif,dans le sens de Autant, aussi, il ne s’emploie qu’avec la négation : Il n’estpas si riche que vous; cependant, on dit famii., sans négation : Si peu que vous voudrez, si peu querien, Aussi peu que vous voudrez, très-peu.— Si bien que, loc. adv. fam. De sorte que. La nuit noussurprit en chemin, si bien que nous nous égarâmes.
Sinon. Conjonction. Autrement, faute de quoi, sans quoi : Étudiez, sinon vous ne ferez pas de progrès.Vous me garantissez ce cheval, sinon marché nul. Cessez ce discours, sinon je me retire. Il se prendquelquefois pour Si ce n’est : Il ne se mêle, de rien, sinon de boire et de manger.
Soit. Conjonction alternative. Soit l’un, soit l’autre. Quelquefois, au lieu de répéter soit, on met Ou :Soit faiblesse ou bonté. —Il signifie quelquefois, Supposons : Soit quatre à multiplier par six. —- Tant soitpeu, loc. adv. Si peu que ce soit, très-peu.
CHAPITRE X.
UE L’INTERJECTION.
Interjection. Partie du discours qui sert à exprimer les passious, comme la douleur, la joie, l’admira-tion , etc.
Ah! marque la joie, la douleur, l’admiration, etc. Ah! que vous me faites plaisir! Ah! que vousme faites mal! Ah! que cela est beau! — Il 11e sert quelquefois qu’à rendre la phrase plus expressive. Ah!madame, gardez-vous de le croire. — Il se redouble quelquefois pour exprimer plus fortement la surpriseou l’ironie. Ah! ah! vous arrivez enfin . Ah! ah! vous nous la donnez belle .
Aïe. Exclamation de douleur. Aïe ! que je souffre ! Il s’emploie plus souvent seul, lorsqu’on éprouve unedouleur inattendue : Aïe! On dit aussi Ahi.
Bah. Interjection familière, marque l’étonnement, le doute, l’insouciance, etc. Bah! cela n’est paspossible. - Bah ! ce n’est qu’une bagatelle .
Eh. Interjection d’admiration, de surprise. Eh! qui aurait cru cela ? On dit aussi Eh bien. Eh bien,que faites-vous donc?
Fi, Interjection familière qui exprime le mépris, la répugnance. Ah fi! que cela est mal! Fi! le vilain.— 11 se construit avec la préposition de. Fi du plaisir que la crainte accompagne ! Faire fi d’une chose, Ladédaigner.
Ha. Interjection de surprise , d’étonnement. ( H s’aspire. ) Ha! vous voilà! Ha! ha! — Il se confondquelquefois avec l’interjection Ah !
Hé. Interjection qui sert à appeler (H s’aspire. ) : Hé! l’ami! Hé! viens cà. (Ces phrases 11e s’emploientque familièrement ou en parlant à des personnes fort inférieures.)—Il s’emploie, soit pour avertir de prendregarde à quelque chose : Hé ! qu allez-vous faire? soit pour témoigner de la commisération : Hé! pauvrenomme, que je vous plains! du regret, de la douleur ; Hé! qu’ai-je fait? Hé! que je suis misérable!