AVERTISSEMENT.
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tère à part. Quelle que soit la valeur des critiques qu’il est appelé à subir, ilfaut qu’il serve désormais de point de départ à la discussion, et l’autoritéseule de son nom en fait par provision la charte de la langue française.
Cependant on pouvait craindre que son volume et son prix ne lui permis-sent pas de trouver un accès facile dans la bibliothèque des familles; qu’ilsne constituassent comme un privilège en faveur des maisons aisées. Chosefâcheuse en effet qu’un ouvrage, appelé par son objet à prendre rang parmiles livres d’utilité première, se trouvât relégué par son prix parmi les livresde luxe! Chose plus triste encore que des considérations d’économie nelaissassent plus descendre dans l’éducation populaire qu’uné instructionde seconde qualité, comme on réserve pour des bouches plus délicates lesaliments les plus exquis! Les éditeurs du Dictionnaire de l’Académie en ontpensé autrement : ils ont cru que le pain de la science pouvait être offertde fine fleur à tous les rangs, et qu’en réduisant le format du grand diction-naire à des dimensions plus maniables, sa substance à une utilité, j’oseraisdire, plus quotidienne et plus pratique, sans dénaturer le fond de ce beautravail, il serait facile de le faire pénétrer partout.
Cette entreprise ne paraîtra point trop hardie, et l’on se flatte*que l’Aca-démie elle-même n’y verra qu’un nouvel hommage rendu à son œuvre. Si lesoin avec lequel elle a fait le sacrifice des détails qu’elle pouvait juger su-perflus rendait d’avance téméraire toute prétention à présenter les mêmesvérités sous une forme plus concise, d’un autre côté, en voyant le soin plusreligieux encore qu’elle a mis à grouper autour de ses décisions les nombreuxexemples qui les confirment, à recueillir dans le passé tous les souvenirsd’autrefois, à sauver du naufrage toutes les allusions de mœurs, tous lesartifices de langage qui ont encore un grand attrait pour la curiosité, lorsmême qu’ils n’en ont plus que pour elle, il était permis de penser qu’au prixde quelques sacrifices, l’abrégé, sans être-aussi riche, pourrait,encore restercomplet.
La première loi d’un pareil travail était donc de conserver tous les motsadmis dans le grand dictionnaire, de respecter littéralement les définitions,les explications et les jugements qui s’y trouvent énoncés : c’est, ce qu’on avoulu faire; et si la nécessité de réduire à d’autres proportions certains pas-sages plus étendus, ou de réparer bien rarement une erreur de rédaction tropévidente, a autorisé quelques changements, on n’en est pas moins resté fidèlealors à l’esprit (1<‘ l'ensemble.
Il reste à s’excuser ici sur deux points oii l’on s’est cru libre pourtant d’ydéroger. L’extrême scrupule dans le choix des mots de fraîche date que l’Aca-demie a honorés du droit de bourgeoisie a excité bien des réclamations :nous sommes loin de les partager et de regarder connue un titre â l’es-time _ a !, pour un dictionnaire nouveau, l’annonce de quelques milliersde termes, rebutés le plus souvent par elle; nous ne saurions au contrairetrop louer sa discrétion lorsqu’il s’agit de naturaliser une foule de; mots en-fants (b; l’impuissance ou du caprice; mais, en adoptant ses principes, nousavons trouvé ’ fois ses arrêts un peu sévères. Sans doute il fallait nousdéfendre en cela de nos prédilections secrètes et de nos habitudes person-
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