AVERTISSEMENT.
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temps précieux d’une séance réclamée par la délibération d’intérêts plusimportants; que, dans leur correspondance officielle avec l’administration,les magistrats communaux voient la multiplicité de leurs devoirs se compliquerencore d’un travail purement littéraire; que souvent le scrupule les arrête aumoment d’exécuter des instructions dont le sens n’est pas toujours net à leurinexpérience, combien ne devront-ils pas souhaiter d’avoir sous les yeuxun livre qui soit pour eux un guide sûr, et comme un arbitre du langage !Nous ne craignons pas de dire que l’introduction de ce nouveau code neserait pas seulement un moyen puissant d’instruction dans les écoles, maisqu’il épargnerait dans les communes bien des ennuis et des difficultés auxautorités municipales, bien des erreurs à la rédaction des procès-verbauxet des actes civils, et par là bien des embarras à l’administration et auxfamilles.
Ce besoin bien senti donne chaque jour naissance à une infinité de diction-naires qui se croient destinés à le satisfaire. Il ne nous convient pas de faireici leur procès, ni d’expliquer comment ils ont manqué leur but. Qu’il noussoit permis seulement de rappeler quelques-unes des conditions principalesd’un pareil livre. En général, lorsque l’on compose aujourd'hui quelque ou-vrage pour l’enseignement populaire, ou nous semble plus préoccupé qu’iln’est juste de la question économique. Ea considération du bon marché estsans contredit d’une grande importance, lorsqu’il s’agit de répandre l’instruc-tion dans des classes économes et laborieuses qui n’ont encore ni un goûtassez vif de la science pour l’acheter volontiers par de grandes privations,ni des ressources assez abondantes pour ne point limiter beaucoup l’étenduedes sacrifices qu’elles peuvent s’imposer. Toutefois un pareil service offert àl’humanité peut devenir par l’exécution un péril comme un bienfait pour (die.bien de plus souhaitable au peuple qu’une instruction saine et solide; riende plus honorable au désintéressement de l’auteur que d’y attacher une séduc-tion innocente par l’appât du bon marché : mais, si cette instruction estmauvaise, le vil prix n’est qu’un danger de plus. C’est, ainsi que les notionsinexactes, incomplètes, confuses, se propagent avec une effrayante facilitédans des esprits plus avides à raison même de leur inexpérience; c’est ainsi<pie les mauvaises semences menacent d’étouffer bientôt, dans ce terrainencore vierge, l’utile moisson promise à une meilleure culture.
(les défauts, déjà fâcheux dans un traité élémentaire sur quelque objetparticulier des connaissances humaines, sont encore plus funestes dans undictionnaire qui, sans être une encyclopédie, comprend tous les faits de lalangue, et peut contribuer plus que tout autre livre à fausser le jugementpublic. S’il se borne à reproduire une imitation respectueuse des dictionnai-res qui ont fait, loi pendant longtemps, il mérite le reproche de n’avoir pointsuivi le progrès des temps; et si l’ambition d’innover l’entraîne à des réfor-mes hardies, le danger s’en accroît encore; enfin trop souvent ces tentativesne trouvent pas, dans la maturité du travail qui y préside, ou dans le nombien connu de l’auteur, le genre d'autorité nécessaire à un livre' dont la desti-nation est de prononcer eu juge dans lcdoutcnulnrontrnvor.se.
(lest là surtout ce qui imprime au Dictionnaire de V Académie un carae-