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1 (1847) Abrégé du dictionnaire de l'Academie française : d'après la dernieère édition ; contenant: tous les mots et définitions donnés par l'Academie ...
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AVERTISSEMENT.

nelles. Chacun de nous affectionne quelque terme nouveau qui na point devaleur intrinsèque, et qui peut-être tire pour nous tout son prix dune cir-constance éphémère, dun effet inattendu, dune boutade ingénieuse; etcependant ces mots de pure fantaisie deviennent bientôt assez familiers ànotre esprit pour nous paraître français ou dignes de lêtre. Nous noussommes interrogé-dessus toutes les fois que la tentation nous a prisdajouter à notre auteur, et nous en avons admis quelques-uns sans re-mords, tels que capitaliser, inconvenance, silencieusement , etc., quenous croyons désormais consacrés par lusage; dailleurs la destinationparticulière de cet abrégé nous commandait peut-être plus dindulgence pourdes mots déjà populaires qui ne demandent quun peu daide pour prendrerang dans la langue : toutefois, en leur tendant une main secourable, nousnavons pas prétendu leur donner la sanction que leur a refusée lAcadémie;ils nont pas reçu les honneurs des grandes capitales, et lastérisque qui lesprécède rappellera à la fois aux lecteurs et leur légitimité contestable et laresponsabilité qui pèse sur nous seul, sans reproche aucun pour lAcadémie. -

Bien des personnes regrettaient que le Dictionnaire de lAcadémie se fêitpxivé dun grand intérêt en négligeant les recherches étymologiques, et sansdoute elle en a elle-même éprouvé quelques scrupules; car léloquente pré-face elle a mis le public dans la confidence de ses principes, a pris unsoin particulier de la justifier contre cette objection prévue. Tout ce quony trouve sur la difficulté de réduire à des règles certaines une science si pleineencore de conjectures nous aurait converti des premiers, si les aperçus ingé-nieux, les lumières vives, les réflexions solides que 1 érudition et le talent delécrivain y jettent en passant sur la matière ne servaient pas plutôt à aug-menter encore les regrets, et nopposaient eux-mêmes comme une réponseinvincible aux preuves alléguées. Nous savons des gens qui ne demandaientpas mieux q.ue de se laisser convaincre par la solidité des raisons quon ydonne, et qui désespéraient davance de la cause des étymologies, si lha-bileté de lécrivain à montrer tout ce quil eût fallu faire neût prouvé avantfout quil était capable de lexécuter. Que lAcadémie y prenne garde; sielle tient jamais à démontrer son impuissance de bien faire, il lui faut élireun autre avocat : la bonne foi de celui-ci ne lempêcherait pas de donnerà chaque page un démenti, sans le savoir, à la cause qui lui serait confiée:car son talent inspirera toujours plus de confiance aux lecteurs que lesdifficultés de lœuvre ne les décourageront despérer.

Ce que lAcadémie na pas même osé tenter, ce que M. Villemain déclareimpraticable, aurions-nous eu la témérité de lentreprendre? Quon ne nousfasse pas cette injure. Nous avons , il est vrai, cherché à satisfaire la curiositéde quelques lecteurs, à aider la mémoire de quelques autres, à faciliter létudede la langue pour les étrangers, en signalant, dans celles que nous pouvonsconnaître, la raison des mots qui composent la nôtre; Nous navons pas vouluquon reprochât à cet abrégé davoir négligé un moyen dintérêt qui nemanque pas à la plupart des dictionnaires estimés; mais nous navons eu au-cunement la prétention de nous ériger en oracle de cette espèce de divinationquon appelle la science étymologique. Nous avons, à défaut dautre mérite,