SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
SI
brisée d’un Allemand, et osait me dire enricanant :
— Hein! je m’amuse à lui faire du mal.
Leur sotte ignorance dépasse ce qu’on peutimaginer. Ils prenaient toujours les membresdes ambulances internationales pour des Al-lemands et leur drapeau pour le drapeauprussien. Ils étaient convaincus que nousétions d’intelligence avec l’ennemi et affir-maient que nous lancions des fusées pour luiannoncer la position des armées françaises.Ils n’ont jamais pu admettre que nous fissionsgratuitement le service d’ambulance, et sontencore convaincus que nous dévalisions nosblessés. — Quant à la moralité des paysansbeaucerons, je la crois encore inférieure à celledes habitants des villes. La débauche, leshaines, les calomnies, s'étalent au grand jour,et dans le sein même des familles, il y a deshontes qui ne se peuvent raconter.
Et pourtant là aussi nous avons trouvé descœurs dévoués, des âmes d’élite. Je n’oublie-rai pas le vieux fouriériste de Saint-Léonard,