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ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
envahisseurs traversait notre bourg pour allerse battre à Fréteval, puis à Vendôme, enfin auMans, où se termina la campagne. Pour nous,nous étions en pleine occupation prussienne,ayant tous les jours sous les yeux le monotonespectacle des passages de troupes et de con-vois, et échangeant les émotions des jours decombat contre l’activité régulière et calmede l’ambulance sédentaire.
Malheureusement les paysans de la Beauceétaient loin de valoir ceux des Ardennes.Démoralisés et égoïstes, ils étaient incapablesde s’imposer un sacrifice pour nos soldats ounos blessés, tandis que la peur et l’intérêt enfaisaient souvent les alliés des Allemands. Ilest vrai que quand nous avons été victorieuxà Coulmiers, quelques-uns se sont montrésaussi féroces qu’ils avaient été lâches, et sontdevenus redoutables à ceux devant lesquelsils s’inclinaient la veille. A Oucques, nousavons eu de la peine à défendre deux blessésbavarois que la population voulait lapider.A Saint-Léonard, un paysan tirait la jambe