SOUVENIRS DE CAMPAGNE.
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major impérial s’installa dans le village. L’em-pereur n’osa pas se montrer en public. Il restatoute l’après-midi du 29 dans sa chambre, aurez-de-chaussée de la maison où il logeait. Detemps en temps il écartait le rideau de la fe-nêtre et appuyait son front à la vitre, mais sansregarder dans la rue. Il était pâle, l’œil éteint,la moustache et les cheveux très-blancs. Deuxcent-gardes étaient à la porte, aussi brillantsque des soldats d’opéra ; les officiers d’état-major, étincelants sous leurs costumes cha-marrés, causaient et riaient, avec une gaietéqu’ils affectaient sans doute, car nul ne sefaisait d’illusions sur ce qui allait se passer.Le 30 l’armée reprit sa marche. Quand le ma-tin, le soleil perçant les brumes, éclaira lavallée toute scintillante de rosée, lorsque ladiane sonna, lorsque tout le camp se remplitdes hennissements des chevaux, des murmu-res des voix, de l’éclat bigarré des uniformes,on croyait revoir la belle, la brillante, l’hé-roïque armée française qu’on connaissait na-guère. Mais quand commença le défilé, l’heu-