De l’Inoculation. 2.37» rent profond, rapide & impetueux. L’ex-» perience de dix fiecles a appris que de» dix perfonnes qui paffem , il y en a au» moins une qui tombe & qui eil noyeepn fans parier de celles qui tombent & qu’on» peut fauver, mais qui , ayant ete froif-» iees contre les rocs , dont le lit du tor-» rent eil rempli, confervcnt fouvent, pen-5 ) dant toute leur vie , des infirmites qui« leur font envier le fort de ceux qui ont» peri.
» Les memes obfervations , qui ontn prouve le danger de ce paffage, ont fait» connoltre les caufes qui le rendent, fi» dangereux. L’on a vu que plufieurs tom-•» boient par la peur de tomber; d’autres» parce qu’ils etoient trop pefants & qu’ils» donnoient a la planche de faux mouve-» ments; de troifiemes, parce qu’ils etoient» attaques, en paflant, de vertiges, de de-» faillance, d’un acces d’epilepfie; de qua-» triemes, parce que la planche etoit cou-» verte de glace; de cinquiemes e'toientn renverfes par un orage violent; d’autres» periflbient parce qu’ils avoient entrepris» ce voyage de nuit; plufieurs femmes3) enceintes tomboient , par la difficulte» qu’elles ont k conferver leur corps enj) equilibre , & a voir l’endroit oii elles» doivent pofer le pied : un grand nom-}> bre etoit victime des confeils que des33 gens bien intentionnes, & mal inftruits,» comme il en eil tant, leur donnoient.
» Quelqu’un rdfl^chit & dit, puifque le