i ©4 Des Saigneesn’y a qu’ä ouvrir lcs yeux , & Ton verramalheureufement tous les jours le contrai-re, & plulieurs pcrfonnes mourir apres lapremiere faignee qu’on leur a faite. Si ceprincipe etoit vrai, il feroit impoffible queperfonne mourüt de fa premiere maladie, eequi arrive journellement. II eft importantde detruire cette prevention , parce qu’ellea des influences fächeufes; la foi qu’on a acette faignde fait qu’on veut la garder pourles grands dangers , & on la differe tarnque le malade n’eft pas fort mal, dans l’ef-perance que, fi l’on peut s’en paffer, on laconfervera pour une autre occafion. Cepen-dant le mal empire, on faigne, mais troptard , & j’ai l’exemple de plulieurs mala-des qu’on a laiffe mourir , aßn de referverla premiere faignee pour un cas plus im-portant. Toute la difference qu’il y a entrel’effet de la premiere faignee, & des fui-vantes , c’eft qu’otdinairement eile occa-fionne au malade une emotion plutot nui-fible que falutaire.
Des Purgations.
J47. L’on purge, ou par le vomiffe-ment, ou par les feiles; & cette dernierevoie eft beaucoup plus naturelle que la pre-miere , qui ne le fait que par un mouve-ment violent & fouvent tres-fatigant; j’aivu un grand nombre de maux de nerfs tres-fächeux qui n’avoient d’autre caufe qu’unemetique donoe mal ä propos, ou mal ad-