Rougeoie. 169
qucfois même les yeux loin fermés. Chaque pe-tite tache eft un peu élevée , fur-tout au vifage ,où i’on s’en apperçoit à l’œil & au doigt ; dans lecelte du corps cette élévation n’eft preique failli-ble que par la rudefie qu’elle donne à la peau.
Après avoir commencé par le vifage , 1 érup-tion le continue fur la poitrine, le dos, les bras ,les cuilîes, les jambes. Elle eft ordinairementtrès-abondante lur la poitrine & lur le dos ; ilarrive même quelquefois qu'on trouve des pla-ques rouges fur la poitrine avant qu’il fe foit faitaucune éruption fur le vilage.
Le malade a fou vent, comme dans les petites-véroles , des faignements de nez abondants quiemportent le mal de tête , d’yeux & de gorge.
Quand la maladie eft fort douce , prefque tousles accidents diminuent après l’éruption , commedans la petite-vérole ; mais ordinairement lechangement en bien n’eft pas aufti fenfible quedans cette première maladie. I es vomiffemen ts cef-fent, il eft vrai, prefqu’entiércment, mais la fiè-vre, la toux, le mal de tête continuent, & j’ai vuquelquefois qu’un vomifibment de matières bi-lieufes, un ou deux jours après l’éruption , ioula-geoir beaucoup plus que l’éruption même Le troi-fiemeou le quatrième jour de l’éruption , la rou-
t eur diminue , les taches ou boutons fe deflechentc tombent en petites écailles ; la peau même in-termédiaire tombede la même maniéré, &fe trou-ve remplacée par une nouvefte qui s’eft forméedeftous. Le neuvième jour quand la maladie eftallée vite ,1e onzième quand elle a été fort lente ,il ne refte aucun veftige des rougeurs, & la peaueft d’abord très-bien raccommodée.
223. Mais le malade n’eft pas guéri, à moinsque pendant le temps de la maladie , ou d’abordaprès, il n’ait eu quelqu’évacuation confidérable,