Rhumes.
IOI
CHAPITRE V II.
Des Rhumes.
$. 123. T L régné plufieurs préjugés fur lesrhu-X mes , qui tous peuvent avoir des con-féquences fàcheuies. Le premier , c’eft qu’unrhume n’eft jamais dangereux; erreur qui coûtetous les jours la vie à plulieurs perfonnes. Je m’enfuis déjà plaint il y a plufieurs années , & j’ai vudès lors une foule de nouveaux exemples quin’ont que trop juffifié mes plaintes.
L’on ne meurt effectivement pas d’un rhume ,tant qu’il n’eft que rhume ; mais quand on le né-glige, il jette dans des maladies de poitrine quituent. Les rhumes emportent plus de gens que la pej-te , répondit un très-habile Médecin qui avoirbeaucoup vu , à un de fes amis qui lui difoit ,je me porte bien , je n’ai qu’un rhume.
Un fécond préjugé, c’eft que les rhumes n’exi-gent point de remedes, & que plus on en fait ,plus ils durent. Le dernier article peut être vrai,vu la mauvaife façon dont on les traite ; mais leprincipe eft faux. Les rhumes ont leurs remedestout comme les autres maux , & fe guérilîentavec plus ou moins de facilité , fuivant qu'ils lontmieux ou moins bien conduits.
< 5 - 124. U ne troifieme erreur , c’eft que non-feufementon rie les regarde pas comme dange-reux , mais on les croit même falutaires. Il vautmieux fans doute avoir un rhume qu’une maladieplus fâcheufe ; mais il vaudroit beaucoup mieuxrien avoir aucune. Tout ce qu’011 peut raifonna-blement dire , c’eft que quand une tranfpirationarrêtée devient çaufe de maladie, il eft heureux
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