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Tome Premiere (1766)
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101
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Rhumes.

IOI

CHAPITRE V II.

Des Rhumes.

$. 123. T L régné plufieurs préjugés fur lesrhu-X mes , qui tous peuvent avoir des con-féquences fàcheuies. Le premier , ceft quunrhume neft jamais dangereux; erreur qui coûtetous les jours la vie à plulieurs perfonnes. Je menfuis déjà plaint il y a plufieurs années , & jai vudès lors une foule de nouveaux exemples quinont que trop juffifié mes plaintes.

Lon ne meurt effectivement pas dun rhume ,tant quil neft que rhume ; mais quand on le né-glige, il jette dans des maladies de poitrine quituent. Les rhumes emportent plus de gens que la pej-te , répondit un très-habile Médecin qui avoirbeaucoup vu , à un de fes amis qui lui difoit ,je me porte bien , je nai quun rhume.

Un fécond préjugé, ceft que les rhumes nexi-gent point de remedes, & que plus on en fait ,plus ils durent. Le dernier article peut être vrai,vu la mauvaife façon dont on les traite ; mais leprincipe eft faux. Les rhumes ont leurs remedestout comme les autres maux , & fe guérilîentavec plus ou moins de facilité , fuivant qu'ils lontmieux ou moins bien conduits.

< 5 - 124. U ne troifieme erreur , ceft que non-feufementon rie les regarde pas comme dange-reux , mais on les croit même falutaires. Il vautmieux fans doute avoir un rhume quune maladieplus fâcheufe ; mais il vaudroit beaucoup mieuxrien avoir aucune. Tout ce qu011 peut raifonna-blement dire , ceft que quand une tranfpirationarrêtée devient çaufe de maladie, il eft heureux

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