Attentions
ment ; & rien ne le corrompt plus prompts^ment que les vapeurs qui fortent du corps deplufieurs perfbnnes renfermées dans une petitechambre qu’on n’aére point. Il n’y a qu’à vou-loir ouvrir les yeux pour fentir le danger de cetteconduite Si l’on donne de l’air frais à ces pau-vres malades , 8c qu’on les découvre , on voitfur le champ la fievre , l’oppreflion , l’angoiflé tles rêveries diminuer.
16 . Le fécond moyen qu’on emploie pourfaire fuer les malades , c’efl de ne leur donnerque des chofes chaudes, 8c fur-tout de la thé-riaque, du vin , du faltranck , dont la plupartdes herbes ou fleurs font dangereufes dès qu’ily a de la fievre, & du fafran , qui efl encoreplus dangereux. Dans toutes les maladies fié-vreufes, il faut rafraîchir & tenir le ventre ou-vert ; tous ces remedes échauffent 8c refîèrrent ;& l’on peut juger quel mauvais effet ils produi-fent. Un homme bien portant tomberoit infailli-blement dans une fievre inflammatoire- s’il pre-noit la quantité de vin , de thériaque , de/al-tranck que le payfan prend quelquefois lorf-qu’il efl déjà attaqué d’une de ces maladies.Comment pourroit-il n’en pas mourir ? Auffi ilen meurt, 8c quelquefois avec une promptitudeétonnante. J’en ai cité de terribles exemples , ily a quelques années , dans un autre ouvrage ^ils font journaliers, & malheureufement chacurvpeut en voir autour de foi.
17 . L’on me dira peut-être que fouvent lesmaladies fe guériffent parla fueur, 8c que l’ex-périence doit guider. Je réponds que la fueurguérit, il eft vrai , quelques maladies dès lecommencement , comme ces points qu’on ap-pelle fauflès pleuréfies, quelques autres douleursde rhumatifme , quelques fluxions ; mais c’eftfeulement quand çes maladies dépendent unique-ment