Générales.
«voient procuré la mort du malade , aufli évi-demment que-fi on lui avoit cafié la tête d’uncoup de piftolet. La fueur emmene ce qu’il y ade plus liquide dans le fang ; elle le laiffe plusfec , plus épais , plus enflammé ; & comme danstoutes les maladies aiguës , excepté un très-petitnombre qui font très-rares , il efi déjà trop épais,elle augmente évidemment le mal. Bien loin d’ô»ter l’eau du fang, l’on doit chercher à lui endonner. Il n’y a point de payfan qui ne dife ,quand il a une pleuréfie ou une inflammation depoitrine, que fon fang eft trop épais , & qu’ilne peut pas circuler. En le voyant dans le vafe,il le trouve noir , fie, brûlé, ce font fes termes :comment le fens commun relui dit-il pas quebien loin de faire fortir l’eau d’un tel fang par lesfueurs, il faut y en ajouter ?
(j. 15. Mais quand il ferait auffi vrai qu’il l’eftpeu, que la fueur efi utile au commencementdes maladies , les moyens qu’on emploie pourla procurer, n’en feroient pas moins mortels. Lepremier, c’eft d’étoufler le malade par la chaleurde l’air & des couvertures. L’on redouble defoins pour empêcher qu’il n’entre de l’air fraisdans la chambre , où par-là même il eft bien-tôt extrêmement corrompu ; & l’on procure unetelle chaleur, par le poids des couvertures , queces deux cau-fes feules font capables de produiredans un homme fain la fievre la plus ardente ,& une inflammation de poitrine. Plus d’une foisje me fuis fenti faifi d’une difficulté de refpirer,en entrant dans ces chambres , que je diifipoâsen faifant ouvrir toutes les fenêtres. Les gens inf-truits devraient fe faire un plaifir de faire com-prendre au peuple, dans les fréquentes occafionsqui s’en préfentent, que l’air nous étant plus né-ceffaire que l’eau ne l’eft au poiffon , dès ciu’iîtsffe d’être pur , notre fauté foulfie nécefiaue-