xxxvf PREFACE
générale , eft bientôt devenu , par fon importance
& l’étendue de Ion utilité, le bréviaire des familles.
A la première vue d’un ouvrage de cette nature ,forti des mains d’un homme tel que fon Auteur ,je formai la réfolution de le traduire dans ma lan-gue maternelle, à l’ufage de mes concitoyens ; jene crus pouvoir en aucune maniéré mieux m’ac^quitter des devoirs de mon état : les préjugés queM. Tifiot combat avec tant de courage &c dezele,& leur funefle influence fur la fanté & la vie deshommes, font les mêmes parmi nous ; les mêmesmaladies qu’il traite emportent parmi nous le plusgrsnd nombre d’hommes, & j'avois éprouv é moi-même pour la plupart les effets des remedes qu’ilpropofe ; ainfi je vis avec une véritable fatisfac-tion , exécuté par une habile main , le projet quej’avois formé, mais que jamais, j’en fais volon-tiers l’aveu, je n’aurois exécuté d’une maniéré aufltfolide & aufli coiûplette , & duquel je n’auroi*pas ofé efpérer que ma patrie pût tirer autant defruit ; car par une foiblefie généralement attachéeà l'humanité , on juge avec plus d’impartialité &l’on profite plus d’un bien qui nous vient de loinque de celui que nous avons à notre portée ; l’itr-térét de mes concitoyens eft le premier but detous mes travaux , je laiffe à de plus grands gé-nies l'honneur d’inftruire l’Univers r pour moibornant mes défirs à être utile à ma patrie , jeme fais une joie de profiter dans ce aeffein destravaux des grands hommes , & j’ai toujours re-gardé le défïr immodéré des. nouvelles décou-vertes comme un des plus grand» obftacles quis’oppofènt aux progrès de la vérité. Le vrai &le bon ne s’améliorent point, s’ils font une foistrouvés ; l’ambition des découvertes nous jette dansle chemin de l’erreur ; celui - là feul mérite leaom de fage , qui cherche à étendre les progrèsde la vérité & a en tirer avantage pour le bica